Un survol de l’histoire de la télévision et du sous-titrage au Canada

Au milieu des années 40, il était possible de capter le signal des stations de télévision américaines à l’aide d’antennes surélevées et d’amplificateurs dans certaines villes canadiennes situées près de la frontière, ce qui a encouragé l’émergence de la télédiffusion canadienne de la fin des années 1940 aux années 1950. Puisque l’essor de la programmation canadienne coïncidait avec celui de la télévision américaine, le système de diffusion canadien respectait les normes établies par la US Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis.

À ses débuts, la télévision au Canada relevait de la Société Radio-Canada (SRC). Toutefois, comme la double responsabilité de l’élaboration de la programmation et de la distribution à l’échelle du pays représentait un trop lourd fardeau pour une seule société, on a donné des licences à des organismes privés afin qu’ils produisent des émissions nationales pour la SRC. À la fin des années 50, en vertu de la Loi sur la radiodiffusion du gouvernement conservateur de John Diefenbaker, on a mis sur pied le Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion, chargé de réglementer la diffusion privée et publique. En raison de certaines ambiguïtés contenues dans la Loi sur la radiodiffusion, on a voté une nouvelle loi en 1968 afin de déléguer les pouvoirs de délivrance de permis à un nouvel organisme, le Conseil de la radio-télévision canadienne, devenu le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en 1976. Depuis sa création, le CRTC veille à ce que les stations et les réseaux canadiens de radio et de télévision servent à « sauvegarder, enrichir et renforcer la structure culturelle, politique, sociale et économique du Canada » et à ce que la programmation offerte soit « de haute qualité » et qu’elle fasse appel « de manière prédominante aux ressources — créatrices et autres — canadiennes ».

Aux États-Unis, la technologie en matière de radio et de télévision s’est développée très rapidement et le Canada tentait de ne pas prendre de retard. Dans les années 70, le Public Broadcasting Service (Service de télédiffusion publique) des États-Unis offrait le sous-titrage visible sur certaines émissions, mais le sous-titrage codé, lui, en était encore à ses balbutiements. En 1973, le télédiffuseur public de nos voisins du sud a réussi l’essai d’un système de sous-titrage encodé sur la ligne 21 d’un signal vidéo qui pouvait être activé par les téléspectateurs. Puis, en 1976, encouragée par cette réussite, la Federal Communications Commission (Commission fédérale des communications) des États-Unis a réservé la ligne 21 pour la transmission de sous-titres codés aux États-Unis. Trois ans plus tard, en 1979, on a mis sur pied le National Captioning Institute (Institut national du sous-titrage) dans le but de « promouvoir et d’assurer l’accès à la programmation télévisuelle pour la communauté sourde ou malentendante à l’aide du sous-titrage codé ». S’inspirant de ce qui se faisait aux États-Unis, l’Association des Sourds du Canada a demandé au CRTC que les émissions de la CBC soient sous-titrées. En 1981, le sous-titrage codé a été intégré au contenu canadien.

Le sous-titrage en temps réel a pris plus de temps à faire son apparition dans le paysage télévisuel canadien en raison d’obstacles techniques importants. Avant que les réseaux se dotent de services internes de sous-titrage, les émissions étaient transmises en direct à l’Agence canadienne de développement du sous-titrage pour être sous-titrées et ensuite retransmises aux réseaux pour leur diffusion.

En 2007, le CRTC a annoncé une nouvelle politique selon laquelle les diffuseurs canadiens sont tenus de sous-titrer l’entièreté de leur programmation, à l’exception des messages publicitaires et promotionnels.

Pour en apprendre plus sur l’histoire de la télédiffusion, vous pouvez consulter un des nombreux sites Web portant sur le sujet :

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La réglementation du CRTC

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) est un organisme autonome qui rend compte au Parlement par l’intermédiaire du ministère du Patrimoine canadien. Son mandat est d’interpréter, de rédiger et faire respecter des politiques en vertu de la Loi sur la radiodiffusion et de la Loi sur les télécommunications et touche aussi l’accessibilité. En effet, le Parlement a énoncé la mission d’accessibilité du CRTC à l’article 3(1) de la Loi sur la radiodiffusion, qui stipule que « le système [canadien] devrait offrir une programmation adaptée aux besoins des personnes atteintes d’une déficience, au fur et à mesure de la disponibilité des moyens ». Conséquemment, le CRTC réglemente l’activité et délivre les licences de toutes les stations de télévision et de radio, en plus de dicter les exigences en matière d’accessibilité.

Les diffuseurs doivent satisfaire à de nombreuses exigences pour obtenir et garder leur licence. Tout d’abord, ils doivent obtenir une fréquence de radiodiffusion d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada ainsi qu’un certificat de radiodiffusion du CRTC. Le processus d’attribution d’une licence est très compétitif et requiert la soumission de nombreux formulaires dans lesquels on présente le projet de diffusion. Pour être retenues, les candidats doivent remplir certains critères de base en matière de propriété, de moyens financiers et techniques et de programmation.

Ce processus est en place afin de permettre au CRTC de vérifier que le nouveau diffuseur répond à un besoin existant et qu’il satisfait aux exigences en matière de contenu canadien et d’accessibilité. Dans les cas où la programmation du diffuseur occasionne des problèmes qui demeurent sans réponse, il est possible d’adresser des plaintes écrites au CRTC, qui en assurera le suivi.

Pour obtenir plus de renseignements, visitez le site Internet du CRTC, à l’adresse http://www.crtc.gc.ca/fra/home-accueil.htm.

Pour obtenir plus d’information sur la manière dont le CRTC réglemente les caractéristiques d’accessibilités pour la télédiffusion, veuillez vous référer à la page suivante : http://www.crtc.gc.ca/fra/tv_radio4.htm?_ga=1.119770888.1685172260.1484153535.

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Les médias accessibles

On dit des sous-titres qu’ils sont « codés » lorsqu’ils peuvent être activés par l’utilisateur. En effet, c’est le téléspectateur qui les active pour qu’ils apparaissent à l’écran. Sur certains téléviseurs, l’utilisateur peut activer le sous-titrage en appuyant sur un bouton de la télécommande prévu à cet effet. Les nouveaux téléviseurs intelligents, eux, permettent d’activer les sous-titres en utilisant un menu désigné à partir des options de configuration du fournisseur de service. Bien que tous les téléviseurs fabriqués depuis 1993 supportent les sous-titres, les moyens de les activer varient.

Bouton de sous titrage sur une télécommande universelleBouton de sous titrage sur une télécommande universelle

Il existe diverses méthodes pour encoder les sous-titres :

  • Le sous-titrage en temps réel est habituellement réalisé par un sténographe ou un sous-titreur vocal et apparaît à l’écran au cours d’une émission en direct comme un bulletin de nouvelles ou un événement sportif. Cette technique laisse peu ou pas de temps pour la correction des erreurs. Il faut noter qu’il y aura toujours un délai avant l’apparition des sous-titres. Dans le cas des émissions en direct, c’est le diffuseur qui est habituellement responsable du sous-titrage.

  • Dactylo de sous titreur sur une machine de sténographeDactylo de sous titreur sur une machine de sténographe

  • Le sous-titrage postproduction s’effectue une fois que l’émission a été produite par le studio, mais avant sa diffusion. Cette technique permet de repérer et de corriger les erreurs avant la diffusion des sous-titres. On reconnaît habituellement ces sous-titres, car ils s’affichent d’un coup au lieu de défiler sur l’écran. La responsabilité du sous-titrage peut incomber au studio de production ou au diffuseur.
  • Le sous-titrage par reconnaissance de la parole est effectué par des logiciels de reconnaissance de la parole, qui traitent le discours oral et le transposent à l’écrit. La qualité du sous-titrage ainsi que celle du produit varie énormément et n’a pas les mêmes standards de qualité que celui d’un sténographe. Toutefois, la reconnaissance de la parole est un sous-domaine qui connaît une forte croissance dans le monde du logiciel et la technologie existante s’est grandement améliorée au cours des dernières années. Il est possible qu’à terme, cette technologie en vienne à remplacer les sténographes.
  • La vidéodescription (aussi appelée description narrative ou description vidéo) consiste en une description orale des principaux éléments visuels d’une émission. Ces descriptions sont lues lors des pauses de dialogue. La vidéodescription permet d’améliorer l’accessibilité des émissions de télévision pour les personnes aveugles ou ayant une basse vision., http://www.crtc.gc.ca/FRA/INFO_SHT/b322.htm)
  • Le sous-titrage vocal fait appel à des personnes formées pour écouter le contenu audio d’une émission, l’interpréter et le répéter afin qu’il soit traité par un système informatisé de reconnaissance de la parole. Les sous-titres sont ensuite générés par ordinateur.
    https://www.crim.ca/Publications/2006/documents/plein_texte/PAR_BouGals_Interspeech06.pdf(en anglais)
    http://www.crtc.gc.ca/fra/transcripts/1999/tb0528.htm

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Les options d’aide de suppléance à l’audition (ASA)

Si les sous-titres sont une manière d’améliorer l’accessibilité, la qualité sonore, elle, est essentielle à la compréhension. Il est important de pouvoir reconnaître le dialogue lorsqu’une émission comporte du bruit de fond.

Si les haut-parleurs de votre téléviseur n’offrent pas un volume sonore adéquat ou s’ils ne permettent pas de bien comprendre un dialogue, vous pouvez utiliser des appareils fonctionnels pour amener le son directement à votre oreille par le biais d’un casque d’écoute, d’un appareil auditif ou d’un implant cochléaire. La présente section fournit de l’information sur les différents types d’ASA, notamment, les systèmes de communication sans fil exclusifs, les systèmes d’amplification par modulation de fréquence (MF) ou par transmission infrarouge et les boucles d’induction, en plus de présenter des solutions à faible coût.

Les microphones sans fil discrets

Les systèmes Bluetooth, Phonak Roger Link et Apple sont tous des exemples de systèmes de communication sans fil exclusifs qui peuvent être synchronisés avec des appareils auditifs ou des implants cochléaires par des professionnels de l’audiologie. Ces systèmes permettent aux utilisateurs de mieux comprendre ce qu’ils entendent, que ce soit des paroles ou du contenu sonore provenant d’un lecteur multimédia, d’un téléphone intelligent ou d’un téléviseur. Ces appareils doivent être synchronisés avec vos appareils auditifs ou implants cochléaires dans une clinique d’audiologie.

Une fois que les appareils auditifs ou implants cochléaires sont synchronisés avec un système de communication sans fil, l’utilisateur doit retourner à la clinique d’audiologie pour effectuer tout changement (par exemple, un changement d’appareil électronique). À noter qu’il se peut que le nombre d’appareils électroniques pouvant être synchronisés en même temps soit limité.

Les systèmes par transmission MF et les systèmes par transmission infrarouge

La plupart des systèmes d’amplification par modulation de fréquence (MF) ou par transmission infrarouge consistent en un émetteur qui fait le lien entre, d’un côté, les haut-parleurs d’un téléviseur et de l’autre, un récepteur et un casque d’écoute porté par l’utilisateur. Dans certains cas, le récepteur est intégré au casque d’écoute.

Les systèmes par transmission MF transmettent le son à l’aide d’ondes radio, tandis que les systèmes par transmission infrarouge utilisent la lumière. Les deux sont des systèmes sans fil qui permettent une certaine mobilité à l’utilisateur. Il faut toutefois prendre certains éléments en considération lorsque vient le temps de choisir un type de système.

Example d'un système modulation de fréquencesExample d'un système modulation de fréquences

Système d'+¬coute infrarouge avec un télévisionSystème d'écoute infrarouge avec un télévision

Les systèmes de boucle à induction

Les boucles à induction (aussi appelées boucles magnétiques) transmettent le son à l’aide d’un champ électromagnétique. Les ondes électromagnétiques sont ensuite captées par des bobines inductives appelées phonocapteurs, qui les convertissent en son qui sera transmis à l’auditeur par des appareils d’amplification personnels comme des appareils auditifs, des implants auditifs à ancrage osseux ou des processeurs d’implants cochléaires.

La plupart des systèmes de boucle à induction sont constitués d’un fil électrique placé autour d’une pièce – sur le plancher ou le long d’une plinthe. En voyageant dans le fil, le signal sonore crée un champ magnétique. L’utilisation d’un système de boucle à induction avec des appareils d’amplification personnels munis d’un phonocapteur est avantageux, car elle ne requiert pas de casque d’écoute ou de récepteur supplémentaires.

Bien que les systèmes de boucle à induction ne requièrent que très peu d’entretien, ils sont sensibles à l’interférence électrique. Il est essentiel qu’ils soient correctement installés pour qu’ils produisent un signal adéquat. Contrairement aux systèmes sans fil exclusifs comme les systèmes Bluetooth, les phonocapteurs n’épuisent pas les piles des appareils auditifs ou des implants cochléaires. En fait, ils ne sont pas plus énergivores que les microphones. Il est à noter que les phonocapteurs sont compatibles avec tous les systèmes de boucle à induction, peu importe la marque de l’appareil auditif ou de l’implant cochléaire.

Votre audiologiste professionnel peut vous conseiller au sujet des phonocapteurs et des systèmes qui vous permettront d’écouter la télévision.

Système de boucle d'induction et amplificateurSystème de boucle d'induction et amplificateur

Les options d’accessibilité à faible coût

Puisque l’énergie sonore perd en force avec la distance, rapprocher la source sonore de l’auditeur peut être une solution permettant d’améliorer l’expérience d’écoute. Cela peut s’effectuer en plaçant de petits haut-parleurs à proximité de l’auditeur. Certains haut-parleurs de télévision portatifs comme le TV Soundbox ont une portée d’environ 30 mètres et ont une commande de volume indépendante de celle du téléviseur.

Certains haut-parleurs, comme les haut-parleurs de télévision sans fil Audio Fox, permettent d’amener le son plus près de l’auditeur et sont conçus pour être intégrés à des meubles. Il est même possible de choisir la couleur de certains d’entre eux. Ils sont fournis avec une télécommande, qui permet de régler le volume une fois que l’installation est terminée. Ces systèmes sont composés de haut-parleurs simples ou doubles qui peuvent s’attacher au dos d’une chaise, d’un canapé ou d’un lit.

Pour obtenir plus d’information sur les appareils d’aide de suppléance à l’audition, veuillez vous référer à la brochure «Acces Sans Restriction: Un Guide sur l'accessibilité de la radiodiffusion pour les Canadiens ayant une déficience auditive »

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